Surendettement au Brésil, une utilisation irréfléchie de la carte bleue

Depuis que la carte bleue a fait son entrée au Brésil, les consommateurs ont développé l’habitude de payer leurs achats avec elle. Cette pratique est devenue un véritable phénomène au pays de la salsa, et le pire dans l’histoire c’est qu’elle a ouvert la porte au surendettement pour de nombreux brésiliens. En effet, contrairement aux cartes de paiement que l’on utilise en France, la carte bleue brésilienne permet à son détenteur d’acheter à crédit, et cela sans que de grandes formalités soient entreprises. Cela a favorisé les achats compulsifs, étant donné que les prêts sont accessibles facilement.

Un surendettement qui tend à se généraliser dans tout le pays

D’après les chiffres présentés par les statistiques de l’EBC Brasil, plus de la moitié des ménages brésiliens sont aujourd’hui endettés. La majorité se trouve dans cette situation à cause de l’utilisation irréfléchie des cartes de crédit. 20 % ont des arriérés sur le remboursement de leurs dettes, et 9 % sont dans l’incapacité de les rembourser.

La popularisation des crédits favorise la consommation massive, qui touche toutes les classes sociales, représentant également le modernisme. Seulement, les consommateurs reçoivent très peu d’information concernant les tarifs et les frais que les organismes de prêts vont prélever. Ce n’est que tardivement que beaucoup d’entre eux vont constater qu’ils sont endettés jusqu’au cou, asphyxiant leur situation financière.

Afin de résoudre ce problème qui ne cesse de prendre de plus en plus de l’ampleur, le gouvernement appelle les institutions financières à rester transparentes sur les informations concernant leurs offres de crédit à la consommation. Des séances d’éducation financière sont également mises en place à destination des ménages qui n’ont pas encore l’habitude de ce nouveau mode de consommation.

Crédit accessible pour tous sans aucune contrainte

Au Brésil, 67% des consommateurs disposent d’une carte bancaire pour réaliser des achats. En moyenne, un ménage peut détenir jusqu’à une dizaine de cartes de crédit. Ce dispositif de paiement offre la possibilité aux consommateurs de payer directement leurs achats ou demander un débit différé. C’est pour cette raison qu’au moment de l’achat, les vendeurs demandent de manière systématique aux acheteurs : « crédito » ou « débito ». Avec la formule crédito, le paiement peut être différé de 30 jours.

Il est possible de l’échelonner en tenant en compte des modalités de règlement offert par le commerçant. Parfois, le client est même libre de choisir le nombre de paiements. Certaines offres vont même plus loin, notamment chez les grandes enseignes, qui donnent la possibilité de bénéficier instantanément d’un crédito pouvant aller jusqu’à 36 paiements sans frais. Il suffit pour cela de fournir quelques justificatifs simples :

  • une carte d’identité ;
  • trois contacts téléphoniques de proches de l’emprunteur ;
  • un justificatif de ressources ;
  • un certificat de résidence.

Supermarchés, pharmacies, magasins d’habillement, commerce d’électroménagers… tous les secteurs ont adopté cette solution, et la pratique se propage à tous les niveaux et dans tous les secteurs. De quoi favoriser la consommation et stimuler les achats compulsifs.